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[Sélection nationale] Un axe défensif à réinventer

Privé de Carlson, Martins et Olesen, Luc Holtz est face à un chantier sur le plan défensif. S’il est probable que Jans joue dans l’axe, le choix des autres hommes dépendra du système retenu pour défier la Turquie jeudi en Nations League (5e journée).

En le voyant débarquer hier à l’aéroport, peu avant l’heure du rendez-vous, on s’est un temps demandé si le milieu dudelangeois Filip Bojic n’avait pas fait l’objet d’une naturalisation et d’une convocation express pour le déplacement des Roud Léiwen en Turquie. Mais le Croate s’est dirigé vers un autre desk, et ce sont bien 23 Luxembourgeois, forfait de Chris Philipps oblige, qui ont embarqué à 15 heures pour Istanbul.

Vingt-trois, dont neuf défenseurs et cinq latéraux (Jans, Martins, Bohnert Pinto, Veiga), ce qui présage de l’utilisation de l’un d’eux à une autre position demain au stade Başakşehir Fatih Terim. Florian Bohnert et son passé récent d’ailier, poste auquel Luc Holtz l’a aligné en juin contre les Îles Féroé au Stade de Luxembourg dans cette même Nations League (2-2, 4e journée)? Eric Veiga et sa formation plus lointaine de milieu défensif?

Plus probablement le capitaine Laurent Jans, déjà utilisé à gauche d’une défense centrale à trois en mars contre l’Irlande du Nord en amical. Plutôt avec succès, malgré la défaite (1-3) : Luc Holtz avait notamment souligné sa capacité, sur un côté alors inhabituel pour lui – il est en revanche régulièrement aligné à gauche d’une défense à quatre depuis son arrivée à Mannheim –, à trouver des angles de passe différents avec son pied droit, vers l’intérieur du jeu, ce qui peut être un atout dans les sorties de balle.

Jans, le Lisandro Martinez de Holtz

Alors que Dirk Carlson, le seul axial gaucher, est forfait, il y a fort à parier que le capitaine des Roud Léiwen prendra son relais. «C’est aujourd’hui plus qu’une possibilité», avait confirmé le sélectionneur jeudi dernier lors de l’annonce des joueurs convoqués. «Je sais qu’il peut occuper tous les postes de la défense, mais de par sa formation, c’est un défenseur central», avait aussi pris soin de rappeler le technicien.

De par son gabarit, pas franchement celui d’un stoppeur moderne, Laurent Jans l’est en revanche un peu moins, mais il n’a pas échappé à Luc Holtz que même Erik «Ten Hag, à Manchester United, fait jouer un garçon de 1,75 m en défense centrale», en l’occurrence l’Argentin Lisandro Martinez, et qu’il est donc envisageable de débarquer au stade Başakşehir (NDLR : antre du club stambouliote du même nom) avec un joueur de cette taille dans l’axe. À condition bien sûr d’«adapter la façon de jouer».

À condition aussi, sans doute, d’y adjoindre deux équipiers en défense centrale plutôt que le seul Maxime Chanot, pour combler le déficit athlétique et aérien qu’induirait un recentrage de Jans et que supposent déjà les absences, devant cette arrière-garde, de Kiki Martins (aducteurs) et Mathias Olesen (cheville), deux garçons à l’impact physique bien plus prononcé que Leandro Barreiro et Sébastien Thill, les titulaires présumés à Istanbul.

Skenderovic ou Gerson dans le onze?

Reste donc à savoir qui de Lars Gerson, Aldin Skenderovic ou Enes Mahmutovic complètera l’axe défensif luxembourgeois demain soir. Outre son expérience de ces rendez-vous internationaux, le premier a pour lui une polyvalence qui peut aussi lui permettre de jouer en sentinelle, si d’aventure Luc Holtz opte plutôt pour un 4-3-3 (ou 4-1-4-1 en phase défensive) que pour un 3-5-2 (5-3-2 en phase défensive).

Très en vue sur la scène continentale et domestique depuis sa signature à Dudelange, Skenderovic aussi, et c’est d’ailleurs principalement dans ce rôle qu’il a été utilisé ces derniers temps en équipe nationale. Et puisque Gerson, qui rejoue depuis trois semaines à Kongsvinger après avoir passé tout l’été à l’infirmerie, n’a que «45, voire 60 minutes dans les jambes» d’après Holtz, voir Skenderovic et Gerson se relayer n’est pas non plus à exclure. En défense ou au milieu?

Reste, enfin, l’éventualité d’un 5-3-2, avec l’un des deux garçons (ou Mahmutovic) en défense centrale avec Chanot et Jans, et l’autre en pointe basse d’un milieu densifié, derrière Leo Barreiro et Séba Thill. Si cette option nécessiterait de se passer, devant, d’Yvandro Borges ET de Vincent Thill, en balance pour épauler Danel Sinani et Gerson Rodrigues dans un système à trois attaquants, la qualité de l’adversaire et son pouvoir offensif peuvent le justifier. Mais en Serbie (4-1, le 4 septembre 2021), il y a un peu plus d’un an, elle n’avait pas produit l’effet escompté.

Turan, la légende stambouliote dit stop

Il avait disputé son premier match sous le maillot turc au Grand-Duché, le 16 août 2006, lors d’un amical remporté 1-0 par la Turquie face à des Roud Léiwen alors coachés par Guy Hellers et emmenés par Jeff Strasser, René Peters, Mario Mutsch ou Claudio Lombardelli. Neuf ans plus tard, le 31 mars 2015, c’est brassard autour du bras qu’Arda Turan était revenu au stade Josy-Barthel pour y guider, une passe décisive à la clé, sa sélection vers un nouveau succès (1-2), malgré l’égalisation de son homologue luxembourgeois Mario Mutsch.

À 35 ans, le milieu turc a mis lundi un terme à sa brillante carrière, qui l’aura vu représenter 100 fois (dont 36 comme capitaine) son pays (16 buts) et évoluer notamment à l’Atlético de Madrid (2011-2015), au FC Barcelone (2015-2020) et à Galatasaray, son club formateur qu’il a quitté libre cet été après en avoir porté les couleurs durant huit saisons (2005-2011, puis 2020-2022). Également passé dans sa ville natale par l’Istanbul Başakşehir, «hôte» du Turquie-Luxembourg de demain, Turan sera-t-il mis à l’honneur pour l’occasion?