Niger
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

À Donetsk, les référendums d'annexion à la Russie débutent sous pression militaire ukrainienne

Les référendums d'annexion à la Russie débutent ce jeudi 22 septembre dans quatre régions du sud de l'Ukraine, dont les deux du Donbass. Ces territoires sont pourtant de plus en plus sous pression militaire de l'Ukraine.

De notre envoyée spéciale dans l'oblast de Donetsk,

Ce qui frappe quand on entre dans ce territoire, ce sont les files d'attente de civils à la frontière pour le quitter. Les rues du centre de Donetsk sont presque vides. Il fait beau et doux, le ciel est lumineux ce mercredi, mais presque personne ne se promène : si on est dehors, c'est le plus souvent qu'on a quelque chose à faire, et on le fait vite.

« Rester trop longtemps dans la rue c’est jouer à la roulette russe », dit une habitante. Même les voitures roulent plus vite. Les bombardements ukrainiens sont plus violents et surtout très proches.

Un hôpital a été touché ce mercredi après-midi. Treize personnes sont mortes lundi en plein centre-ville. Ici, certains habitants disent commencer à craindre, c'est nouveau, l'arrivée de soldats. Alors, cette perspective très proche de faire partie de la Russie est souvent accueillie avec un soulagement et espoir, celui d’être mieux protégé, teinté d'une grande gravité. Les habitants rencontrés disent en effet s'attendre à une nouvelle et très forte intensification des combats ; des bombardements et à des semaines d'automne très dures.

Craintes de bombardements

Une femme croisée à Donetsk fume une cigarette à quelques pas à peine de bouquets de fleurs rassemblés sur le trottoir : ils sont là pour les victimes du bombardement meurtrier de lundi, 13 civils à un arrêt de bus en face du marché.

« Venez vous réfugier dans ma boutique », dit cette habitante de la ville, alors qu'un sifflement suivi d'un impact, cette fois plus près que les autres, vient de survenir. On croise désormais très peu de monde sur cette place qui vit au rythme des tirs. Devant le kiosque à cigarettes, on croise tout de même Arkadi, en compagnie de sa mère. « Des collaborateurs, c'est comme ça que nous voient les Ukrainiens, dit-il. Vous avez vu ce qu'il s'est passé à Kharkiv ? ». Sa mère poursuit : « Les enseignants, les médecins, qui ont aidé au nom de la Russie, maintenant que la Russie a quitté Kharkiv, sont persécutés. Personnellement, j'ai peur, vraiment peur. »

Le référendum et la perspective toute proche de l'intégration à la Russie, c’est pour eux aussi une promesse de protection. Mais également, à très court terme, pour d'autres, un facteur de risque. Pour un autre habitant de Donetsk : « C'est un moment un peu effrayant, car les bombardements et les intimidations vont forcément augmenter »

Ils sont nombreux, d'ailleurs, à dire leur choix du vote électronique, convaincus de courir le risque majeur d'être bombardés en se déplaçant pour le scrutin.

Les soldats mobilisés n’arriveront pas tout de suite dans les territoires conquis du sud de l’Ukraine. Voici comment ils sont perçus ici :

La guerre, ce n'est pas pour tout le monde, tout le monde n'est pas prêt pour ça. Je dirais même que la plupart des gens, s'ils sont mentalement stables, ne veulent pas y aller. C'est rare de se porter volontaire pour faire ça. Mais je crois quand même que chaque homme devrait passer par là. Je ne dis pas aller directement dans l'enfer des combats en première ligne, mais au moins, voir comment ça se passe, passer par cette école de la vie. La mobilisation partielle en Russie nous servira simplement de réserve. Autrement dit, nous serons déchargés des tâches de livraison du carburant, de livraison de nourriture. Il nous sera plus facile de mener à bien notre devoir de combattants.

Egor, un soldat de 19 ans rencontré à Donetsk