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À la Une: l’appel à la trêve du corps diplomatique en Haïti

La communauté internationale en Haïti « tape du poing pour un déblocage du terminal de Varreux », titre Juno7. Le média cite la déclaration conjointe des ambassadeurs et représentants en Haïti de l’Allemagne, du Brésil, du Canada, du Chili, de l’Espagne, des États-Unis, de la France, du Japon, du Mexique, de la Suisse, du Taïwan, de l’Union européenne, des Nations unies et de l’OEA. Le corps diplomatique en Haïti se dit « hautement préoccupé par le blocage du terminal » pétrolier. Il appelle à « une trêve humanitaire immédiate pour permettre la sortie du carburant ». Le Nouvelliste souligne que cet appel des ambassadeurs « conforte l’état de guerre actuel et ne demande pas un arrêt des hostilités ».

En parallèle, Haïti enregistre ses premiers morts du choléra depuis trois ans. Les malades s’accumulent dans les hôpitaux,rapporte Le Nouvelliste en Une. Alterpresse rappelle que cette maladie introduite en Haïti par des Casques bleus népalais « avait causé la mort de plus de 10 000 personnes entre octobre 2010 et février 2019 », date du dernier cas recensé. Pour l’instant, aucun moyen de savoir « s’il s’agit de la réapparition de l’ancienne souche ou d’une souche nouvelle récemment introduite ». Mais la population ne s’affole pas, constate Ayibopost. À Savane Pistache, à Decayette, où le choléra a été détecté, « il n’y a pas de kiosques de lavage des mains ni de campagne de sensibilisation ».

« Un pacte de suicide existe-t-il ? »

Le retour du choléra s’ajoute aux autres fléaux qui ont frappé Haïti en 2022. Le Nouvelliste détaille :« les biens essentiels, comme l’eau, que nous ne pouvons plus ni produire ni distribuer, l’impossibilité du dialogue entre les acteurs politiques et entre les autorités et les gangs qui tiennent en otage le pays, l’immobilisme généralisé de la communauté internationale (...) le naufrage de la société civile (...) le retour du choléra, l’école, le savoir et la connaissance érigés en ennemi, tout ce que nous vivons ces derniers jours illustre que 2022 sera la pire année de notre histoire récente ».

« Ces quarante dernières années, à plusieurs reprises, tout allait souvent mal, mais la vie reprenait toujours le dessus. En 2022, on dirait que nos acteurs ont décidé d’aller jusqu’au bout de la bêtise et de l’entêtement. Un pacte de suicide existe-il ? » s’interroge l’éditorialiste, Frantz Duval, avant d’ajouter que « les Haïtiens sont les principaux responsables de la débâcle nationale, mais semblent ne pas être au courant ».

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Colombie : « énième reprise des pourparlers » avec l’ELN

Le gouvernement colombien et le commandement de l’ELN annoncent une reprise des négociations de paix dans le courant du mois de novembre. « Un nouvel effort de paix » que le quotidien de Cali, El Pais, accueille avec scepticisme. Ces pourparlers « ont débuté, il y a cinq ans en Équateur, se sont déplacés à Cuba » avant d’être suspendus par le président de droite, Ivan Duque en 2019 après un attentat à la voiture piégée contre une école de police. « Il s’agit de la énième tentative pour trouver un moyen de mettre fin à la violence d’un groupe qui a commencé comme une guérilla, il y a soixante ans et qui est aujourd’hui connu pour ses liens avec le trafic de drogue et ses liens avec la dictature qui dirige le Venezuela », ajoute le journal colombien. « Aujourd’hui, cette guérilla a une présence binationale », renchérit El Tiempo, « ce qui ajoute un degré de complexité au processus ».

Le Venezuela se pose désormais en médiateur. C’est d’ailleurs à Caracas qu’a été annoncée la reprise des pourparlers. Autour de la table également : des représentants de Cuba, de la Norvège, des Nations unies et de l’Église catholique. Le fait que le Venezuela reprenne la main « libère Cuba d’un fardeau », selon El Pais. Mais le président Nicolás Maduro sera-t-il « un obstacle ou un facilitateur des pourparlers » ? s’interroge El Nacional, média d’opposition vénézuélien. « L’inquiétude vient des relations très difficiles qu’il entretien avec le Chili et l’Espagne », deux pays qui voulaient aussi encadrer ces négociations. En tout cas, Venezuela et Colombie semblent être sur la même longueur d’onde. « Nicolás Maduro a reçu mardi au palais de Miraflores le ministre colombien des Affaires étrangères », écrit Ultimas Noticias, quotidien proche du pouvoir vénézuélien. Les deux pays viennent, pour rappel, de rétablir leurs relations diplomatiques et de rouvrir leur frontière commune.

► À lire aussi : À la Une: réouverture de la frontière entre le Venezuela et la Colombie

La guérilla en position de force

On ne sait pas encore où se tiendront ces négociations entre le gouvernement colombien et l’ELN, ni sur quoi elles porteront exactement, juste que « les négociations reprendront à partir du point où elles se sont arrêtées ». La presse s’inquiète un peu de cette absence de méthodologie qui pourrait provoquer l’enlisement, encore une fois. C’est le cas du journal conservateur El Tiempo. Ce dernier demande que l’ELN s’engage, au préalable, à cesser « les enlèvements, le recrutement de mineurs et les attaques contre les infrastructures ».

En tout cas, « le tableau est très différent de celui de 2018 », souligne El Espectador. « Jamais auparavant la Colombie n’avait eu un gouvernement de gauche » et le gouvernement Petro dispose « d’un large soutien populaire », ce qui n’était pas le cas du gouvernement de Juan Manuel Santos à l’époque. Les experts consultés par El Espectador s’accordent à l’unisson pour dire que la guérilla est beaucoup plus forte aujourd’hui qu’elle ne l’était, il y a quatre ans. Elle est parvenue à recruter davantage et à accroître sa présence territoriale, en prenant notamment le contrôle de zones abandonnées par la guérilla des FARC après les accords de paix de 2016. « S’il est vrai que le gouvernement Duque a frappé certains de ses dirigeants », commente le quotidien colombien, l’ELN a su « assimiler ces pertes ».

Biden, le président des catastrophes

Aux États-Unis, Joe Biden se rend ce mercredi soir à Fort Myers, au sud-ouest de la Floride, là même où l’ouragan a touché terre et fait le plus de ravages. Politico revient aujourd’hui sur « la présidence des catastrophes » de Joe Biden. « Les ouragans dominent soudainement l’agenda de Joe Biden dans le sprint final vers les élections de mi-mandat ». Ce n’était pas vraiment prévu. Les tempêtes ont fait dévier son programme, note Politico. A-t-il à y gagner ? Peut-être, car après de telles catastrophes « les gens ont besoin d’empathie », estiment plusieurs politologues, et Joe Biden excelle sur ce point. C’est une façon aussi de se « démarquer de l’ancien président Trump, dont la réponse à l’ouragan Maria avait été largement critiquée ».

Autre question : « comment l’effort de récupération façonnera-t-il la relation de Biden avec Ron DeSantis [le gouverneur républicain de Floride] », qui pourrait se présenter contre lui en 2024 ? Les deux hommes doivent se voir aujourd’hui, un « rare moment de calme bipartisan ». « Un cessez-le-feu qui ne devrait pas durer très longtemps », consent Politico. Mais « les camps de la Maison Blanche et de DeSantis sont sans doute conscients des ramifications politiques possibles d’une telle rencontre ».

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