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À la Une: le Premier ministre d’Haïti appelle au calme, les barricades continuent

Après une semaine de manifestations, d'émeutes violentes et de pillages généralisés en Haïti, le Premier ministre par intérim est finalement sorti de son silence. Ce dimanche soir, Ariel Henry a tenu un discours télévisé. Mais ceux qui s'attendaient à ce que le chef du gouvernement revienne sur sa décision controversée d'augmenter fortement les prix du carburant ont été déçus.

« Le Premier ministre maintient la hausse des prix du carburant », titre Le Nouvelliste. Mais Ariel Henry « a condamné les actes de violence qui ont bloqué les routes et visé des écoles, des ambassades étrangères et des banques », résume le Miami Herald. « L'entrepôt du PAM aux Gonaïves n'a pas été épargné, pas plus que les résidences privées des alliés du gouvernement et des membres du monde des affaires. »

« Devant l’évolution de la situation, je vous demande à tous de vous calmer », a lancé le chef du gouvernement provisoire. « Ensemble, nous pouvons résoudre tous les problèmes. Je comprends votre frustration. Je veux dire à ceux qui ont perdu des biens qu'ils ont mis toute une vie à construire : je partage votre douleur. »

Pour Ariel Henry, les manifestations, pillages et violences de ces derniers jours n'ont rien à voir avec la colère de la population, mais sont commandités : « Nous avons pris plusieurs mesures qui concernent la douane haïtienne. Ces mesures doivent permettre à l’État de mieux contrôler ce qui rentre dans le pays, de limiter le trafic d’armes et de drogue et d’augmenter les recettes. Mais certaines personnes sont très mécontentes de ces mesures. Ce sont elles qui sont derrière le mouvement dans les rues », a affirmé le Premier ministre haïtien.

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Le Premier ministre a fait aussi des promesses, détaille encore Le Nouvelliste, comme de nouveaux programmes sociaux pour soutenir les familles les plus vulnérables, la relance du secteur agricole ou encore la distribution du carburant dans les stations-service à travers le pays. Pour cela, il faut démanteler les barricades, a expliqué Ariel Henry. « L'État travaille toute la journée pour débloquer les principaux axes routiers pour que la vie puisse reprendre son cours normal. Votre aide à vous tous est indispensable. Débloquez les rues dans tous vos quartiers et empêchez que d'autres reconstruisent des barricades ! Parce que des femmes enceintes doivent se rendre à l'hôpital, des malades ont besoin d'aller se faire soigner, des marchandes doivent pouvoir vendre leurs marchandises dans les rues. Et les camions doivent pouvoir emprunter les routes pour distribuer du carburant dans toutes les provinces du pays. »

« Si Henry et d'autres espéraient que son discours calmerait les rues, il semble avoir eu l'effet inverse. Puisque dans la nuit même de nouvelles barricades ont été érigées dans plusieurs zones à travers le pays, aggravant le blocage des routes », constate le Miami Herald. « Ce matin, le pays se réveille en mode "lock", "bloqué" », écrit Radio Metronome sur Twitter.

Pour le rédacteur en chef de l'agence Alterpresse, il n'y a aucun doute : « Le gouvernement de facto d'Ariel Henry ignore les cris de désespoir de la population ». « Aujourd’hui, le pays n’a ni opposition constituée, ni institution forte capable de faire entendre raison à quiconque », écrit de son côté l'éditorialiste du Nouvelliste qui estime « difficile, voire impossible de prédire comment les événements en cours vont se terminer. Une seule certitude : la facture sera salée. On sait aussi que ce sont les plus pauvres qui vont la payer. »

À écouter aussi : Haïti: Ariel Henry appelle au calme et maintient sa décision sur le prix du carburant

L’ouragan Fiona poursuit sa trajectoire à travers les Caraïbes

Après avoir provoqué des pluies torrentielles à Porto Rico, où Joe Biden a décrété l’État d’urgence pour inondations et glissements de terrain, l’ouragan Fiona traverse depuis les premières heures de ce lundi la République dominicaine.

« Le passage de Fiona met l'ensemble du pays à l'arrêt », titre El Nuevo Diario. Le gouvernement dominicain a ordonné l'arrêt du travail dans le secteur public comme dans le privé, toutes les écoles et universités restent fermées. L'accès aux plages, lacs et cours d'eau a été interdit. Les ports et les aéroports sont fermés.

Malgré toutes ces mesures de précautions, la situation est très difficile ce matin, rapporte Listin Diario. « Notamment dans la province de La Romana où l'ouragan fait quasiment du surplace depuis plusieurs heures avec des vents qui soufflent désormais à plus de 150 km/h et surtout avec des pluies qui s'annoncent catastrophiques. Plusieurs localités sont d'ores et déjà entourées d'eau et coupées du reste du pays. »

Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé que les écoles serviraient d'abris d'urgence seulement en dernier recours. Une circulaire en ce sens a été publiée hier soir par le ministère dominicain de l'Éducation. « Les directeurs d'école doivent veiller à ce que leurs institutions ne soient pas utilisées comme abris par d'éventuels sinistrés », rapporte Diario Libre. Les autorités dominicaines veulent ainsi s'assurer que les écoles puissent rapidement rouvrir leurs portes aux élèves.

Alors qu'on ne connait pas encore l'étendue des dégâts qui seront causés par le passage de Fiona en République dominicaine, l'éditorialiste d'El Dia s'inquiète déjà de la reconstruction après la catastrophe. « Dans des pays en voie de développement comme le nôtre, des catastrophes naturelles s'ajoutent à une situation de crise qui dure depuis le début de la pandémie de Covid-19 et qui est aujourd'hui encore aggravée par la guerre en Ukraine et ses conséquences. La somme des situations critiques ne peut être que surpassée par la somme de volonté de tous les Dominicains. »