Niger
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À la Une: Mali, Guinée: deux stratégies…

« Les Premiers ministres malien et guinéen sont montés à la tribune des Nations unies samedi. Tous deux sous la menace de fortes sanctions de la Cédéao, ils ont adopté une attitude très différente », note Jeune Afrique.

« Les deux régimes ont des points communs. Tous deux dirigés par des colonels putschistes arrivés au pouvoir depuis peu, Conakry et Bamako font face de concert à l’irritation des pays de la sous-région. Leurs chefs de gouvernement sont tous deux quadragénaires – Bernard Goumou a 42 ans, Abdoulaye Maïga, 41 ans. »

Et leurs propos à la tribune de l’ONU, samedi, n’avaient donc rien à voir… « Abdoulaye Maïga a livré un discours très virulent, s’en prenant tour à tour à la France, à la Côte d’Ivoire et au Niger, relate Jeune Afrique. À l’inverse, à la tribune, Bernard Goumou a adopté un ton consensuel, énumérant les gages de la junte depuis sa prise de pouvoir il y a un peu plus d’un an : élaboration d’une charte de la transition, formation d’un gouvernement civil et mise en place d’un Conseil national de transition. (…) Une posture inverse (donc) de celle de son homologue malien, commente encore le site panafricain, qui pourrait laisser présager des avenirs bien différents pour chacun des deux pays au sein de la sous-région. »

Retenue et… outrance ?

Le site GuinéeNews constate la retenue du chef du gouvernement guinéen : « De la tribune des Nations unies, Bernard Gomou a évité d’aller en confrontation avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, très souvent accusée d’être complice des présidents dans la violation de leur Constitution. »

Pour sa part, le site Maliweb estime que « le Premier ministre, Abdoulaye Maïga a dépeint le vrai visage de la France au Mali et en Afrique », qualifiant les autorités françaises de « junte au service de l’obscurantisme ».

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« Une Kalachnikov dans le verbe… »

Au Burkina Faso voisin, sous la coupe également d’une junte militaire, mais où la presse peut encore s’exprimer librement, certains journaux s’indignent.

À l’instar de L’Observateur Paalga qui ne mâche pas ses mots : « Tel un hippopotame sorti des eaux boueuses du Djoliba en furie, le lieutenant-colonel Boubacar Maïga a sorti des plis de son bazin blanc, à la broderie dorée, une Kalachnikov dans le verbe. Et pan sur l’éléphant de la lagune Ebrié ; et pan sur la girafe nigérienne ; et pan sur le requin bleu bissau-guinéen ; et pan sur le coq gaulois ; et pan et pan… La délégation malienne à cette 77e session des Nations unies a donné un spectacle littéralement risible. (…) Le Premier ministre malien a confondu fermeté de ton et injures, vérité et délation, volonté d’indépendance et colère isolationniste. »

« Il a osé ! », renchérit WakatSéra, toujours à Ouagadougou. « Oui, le Premier ministre par intérim du Mali a réalisé la prouesse de profiter de la tribune des Nations unies pour désunir davantage son pays de ses voisins, foulant aux pieds les fondamentaux du langage diplomatique (…). Mais pouvait-on attendre mieux de militaires qui ont déserté le front où se trouve leur place réelle pour envahir la scène politique, canons en l’air ? La réponse est non ! »

« Ridicule ! »

L’Intelligent à Abidjan s’interroge : « Y a-t-il vraiment des similitudes entre la junte militaire au pouvoir au Mali et la "junte" (entre guillemets) Macron en France ? » C’est « ridicule », s’exclame le quotidien ivoirien. « C’est trop gros ! Il est totalement clair qu’il n’y a aucune ressemblance entre la gouvernance actuelle au Mali et la gouvernance en France. Il s’agit d’une fable. Les mots ne peuvent pas créer les choses. Sur ce point, Bamako ne gagne que le renforcement de l’estime chez ceux qui avaient déjà du crédit pour Assimi Goïta. (…) Qualifier les autorités françaises de "junte" n’y change rien, martèle encore L’Intelligent, à Bamako, nous avons au pouvoir un groupe de militaires non élus, non choisis par le peuple. Ce groupuscule s’est imposé par la force des armes, et il prétend au moyen de quelques mouvements de soutien de rue, à côté des pressions contre les dissidents et opposants, détenir la légitimité de parler au nom du peuple du Mali. »