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A PUBLIER MERCREDI 21/9 AU MATIN SUR HOME + PAGE CULTURE - Festival de San Sebastian: «El agua», d'Elena López Riera, au milieu coule une rivière

Le festival de San Sebastian suit son cours avec ses multiples sections comme Zabaltegi-Tabakalera. La réalisatrice Elena López Riera, une habituée de Tabakalera puisqu'elle enseigne à l'école de cinéma et y a déjà présenté ses courts-métrages, est venue présenter son premier long-métrage, El agua.

De notre envoyée spéciale à San Sebastian,

Un groupe de jeunes adolescents finit la nuit autour d'un paquet de cigarettes, au bord d'une rivière sur laquelle passe le corps gonflé d'une chèvre morte... Le cadre est glauquissime, d'ailleurs tous rêvent de partir, de quitter le village. On rit bêtement, on se drague, les dialogues sont vifs, le langage est celui des jeunes d'aujourd'hui. La narration, sur une ligne de crête entre fiction et documentaire, s'attache plus particulièrement à l'histoire d'amour entre Ana et José. Elle est la fille d'une jeune femme qui tient un bar au bord d'une route où les voitures et camions lèvent la poussière.

Des femmes d'un côté, Ana (Luna Pamies), sa mère interprétée par Barbara Lennie, et la grand-mère, jouée par Nieve de Medina. Ces deux dernières sont les seules comédiennes professionnelles de ce film choral. De l'autre, José (Alberto Olmo) et sa tribu d'hommes : son père, ses amis et les ouvriers agricoles qui travaillent dans la plantation. Et au milieu coule une rivière... Une vieille légende circule au sujet de ce cours d'eau, bordé de joncs et devenu un égout à ciel ouvert. L'eau, parfois, s'amourache d'une jeune fille et la réclame... Une jeune future mariée a ainsi un jour disparu le jour de ses noces, racontent les femmes du village, face caméra. Et si la jeune fille se refuse à la rivière, l'eau se fâche et provoque orages et inondations. Nous sommes dans la région de Valence, à Orihuela, où des phénomènes météorologiques provoquent régulièrement de telles catastrophes.

Le scénario, co-écrit par Ana López et le journaliste français Philippe Azoury, qui fait aussi une brève apparition dans le film, tresse la légende et le quotidien des jeunes, leurs fêtes, leur travail et leur ennui. Chez nous, on aime à raconter des histoires, explique la réalisatrice. Elles font passer ces longs après-midis écrasés de chaleur où on ne peut rien faire d'autre. Les jeunes comédiens qui ne se connaissaient pas avant le tournage, sont impressionnants de naturel et de spontanéité, le fruit d'un long travail de préparation, selon Ana López. Le fruit aussi d'une parfaite connaissance du terreau et de ses jeunes pousses, puisqu'elle est une enfant de la région, d'Orihuela, et qu'elle revient toujours y tourner, « avec sa tribu ». Elle, à qui sa famille avait dit un jour que le cinéma n'était pas pour elle, s'est attachée depuis à prouver le contraire. Ce premier long métrage, sélectionné à la Quinzaine à Cannes, rappelle par sa liberté de ton, sa poésie et son côté documentaire aussi le cinéma gitan d'Isaki Lacuesta. Le film est annoncé sur les écrans fin octobre en Espagne et gageons qu'il passera aussi les Pyrénées.

On avait dit à Ana López Riera que le cinéma n'était pas pour elle. La réalisatrice, qui présentait à San Sebastian son premier long métrage, El agua, s'est attachée depuis à prouver le contraire.
On avait dit à Ana López Riera que le cinéma n'était pas pour elle. La réalisatrice, qui présentait à San Sebastian son premier long métrage, El agua, s'est attachée depuis à prouver le contraire. © Ulises Proust/Festival de San Sebastian