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Après avoir déjoué un complot d'extrême droite, l'Allemagne sous le choc

La radicalisation de l’extrême droite allemande n’est pas nouvelle mais l’opération sans précédent menée en Allemagne le mercredi 7 décembre au matin contre un groupe terroriste suspecté de vouloir prendre le pouvoir va au-delà des dangers régulièrement évoqués. Au total, 3 000 policiers ont procédé à 150 perquisitions ; 25 personnes ont été interpellées. L’affaire fait, d'ores et déjà, grand bruit à Berlin.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault

Les médias soulignent que le danger pour la démocratie en Allemagne était mince mais que les agissements de la cellule nourrie à l'idéologie des « Reichsbürger » (« Citoyens du Reich », ndlr) ne doivent pas être sous-estimés. Le quotidien de gauche Taz titre ainsi « Steinmeier reste président » sur le chef de l’État allemand qui n’a pas été renversé. Mais le même quotidien écrit aussi dans un commentaire, « ne vous rassurez pas trop vite. Notre société n’a jusqu’à présent pas trouvé de réponse aux tendances à la radicalisation qui s’y font jour. Le danger n’a pas disparu après l’opération d’hier ».

Isolés

Pour le journal conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung, le succès des forces de l’ordre montre à quel point les conspirateurs étaient isolés : « Les prendre au sérieux serait leur faire trop d’honneur. Cela ressemble à une farce comparé aux extrémistes américains qui ont pris d’assaut le Capitole. »

Dans le monde politique, la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser a parlé de « l’abîme d’une menace terroriste ». De son côté, le porte-parole d’Olaf Scholz a évoqué un « groupuscule particulièrement dangereux qui avait pour but de détruire notre État de droit » Au-delà des condamnations, les responsables saluent le fait que le danger ait été éradiqué. Des mesures plus radicales ont été demandées. La commission de la Défense a mis le sujet à son ordre du jour alors que des membres actifs de la Bundeswehr étaient impliqués dans ce complot.

Le danger « d'idéologies racistes »

Les dirigeants du parti d’extrême-droite AFD, mis en cause en raison de l’arrestation d’une ancienne députée, magistrate à Berlin, ont condamné les agissements du groupe terroriste. L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a estimé que « ces arrestations soulignent le danger d’idéologies racistes, antisémites et contraires aux droits humains ».

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