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Arsène Wenger: «Le Maroc a été impressionnant» durant cette Coupe du monde

Arsène Wenger, directeur du développement du football à la Fédération internationale (Fifa), a tiré un premier bilan technique de la phase de groupes de la Coupe du monde 2022, ce dimanche 4 décembre à Doha, en compagnie de l’ancien attaquant allemand Jürgen Klinsmann. L’ex-entraîneur français a au passage distribué quelques bons points à certaines équipes.

RFI : Arsène Wenger, les équipes africaines ont cumulé 24 points durant la phase de groupes de cette Coupe du monde 2022. C’est un record. Elles ont également deux représentants en huitièmes de finale. Cela veut-il dire que le football africain a progressé ?

Arsène Wenger : Le football africain est bien représenté ici. Je m'attends à ce que le football africain soit de plus en plus représenté à la Coupe du monde. Je suis personnellement impliqué dans un projet de développement de talents en Afrique. Surtout, l’Afrique aura plus de représentants lors de la prochaine Coupe du monde : neuf ou dix. Nous nous attendons donc à ce que l'Afrique soit l'un des principaux concurrents en Coupe du monde, à l'avenir.

Qu’avez-vous pensé de la victoire de la Tunisie face à la France ?

La Tunisie était très critiquée avant cette rencontre face à la France. Durant ma présentation, j’ai parlé des équipes qui apprennent vite et rectifient le tir rapidement. La Tunisie en est un bon exemple. Les Tunisiens ont trouvé un bon équilibré durant leur troisième rencontre. Mais c’était trop tard. Ils ont réalisé une performance exceptionnelle. Je pense qu’ils méritaient de gagner ce match.

En ce qui concerne l’équipe du Maroc, elle a été impressionnante, vraiment fantastique à chaque match. J’ai hâte de voir comment ils vont se comporter durant la phase à élimination directe.

Que pouvez-vous dire au sujet du manque de temps de préparation des équipes pour cette Coupe du monde ? Pensez-vous que c’est une des raisons pour lesquelles on a assisté à autant de surprises durant cette phase de groupes ?

Lorsque vous venez en Coupe du monde, vous savez qu’il ne faut pas perdre le premier match. Les équipes qui avaient l’expérience de précédents tournois et qui avaient obtenu des résultats, comme la France, l’Angleterre ou le Brésil, ont bien joué durant cette première partie. Tout comme les équipes qui étaient mentalement prêtes, avec un état d'esprit pour se concentrer sur la compétition, et non sur les démonstrations politiques.

Est-il envisageable de revenir à trois changements de joueurs par match, au lieu de cinq ?

Non, personne ne veut revenir à trois changements (rires). Je voudrais par ailleurs rappeler qu’il n’y a que trois possibilités d’effectuer ces cinq changements. Il n’y a pas cinq possibilités de changer cinq joueurs. Il y a même eu des demandes pour pouvoir effectuer davantage de changements. Je pense qu’il y un petit sujet, là. Car, parfois, changer autant de joueurs peut détruire la structure d’une équipe. Avant, cela prenait davantage de temps d’effectuer ces cinq changements. C’est pourquoi nous avons ajouté du temps additionnel. C’est une bonne manière de rectifier le temps de jeu perdu. Avant, nous ajoutions 30 secondes de jeu à chaque changement de joueur. Or, désormais, nous prenons en compte le temps de jeu effectif perdu. Nous ne reviendrons pas à trois changements mais nous devons ajouter du temps de jeu.

Envisagez-vous de réaliser un rapport sur l’impact en termes technique et physique que tout ce temps additionnel a sur les matches ?

À l’heure actuelle, nous n'avons pas calculé cela. C'est pourquoi nous ne l'avons pas présenté. Et, plus globalement, ce qu'on a montré ici, c’est que ça n'apporte rien en termes d’efficacité car on a beaucoup plus de temps additionnel joué et moins de buts marqués [durant le temps additionnel, Ndlr]. Pour le moment, il n'y a pas vraiment d'impact sur le résultat d'un match.

Il y a eu beaucoup de rebondissements et de belles histoires durant les derniers matches de cette phase de groupes, qui se sont déroulés en simultané. Pour la prochaine Coupe du monde, en 2026, souhaitez-vous malgré tout passer à une formule de 16 groupes de 3 équipes ?

Pour le prochain Mondial, avec 48 équipes, ce n’est pas encore décidé, s’il y aura 16 groupes de trois pays, 12 groupes de quatre ou une autre formule. Nous ne sommes pas encore en mesure de le décider. Ce sera une décision du Conseil de la Fifa. Elle sera prise l’année prochaine, je pense.

Enfin, pouvez-vous dire un mot au sujet de Pelé, dont l’état de santé a inquiété ces dernières heures ?

Pelé était mon idole quand j’étais enfant. Nous avons tous vu les nouvelles indiquant qu’il ne va pas très bien. Nous lui souhaitons évidemment de vite aller mieux. J’ai parlé avec son agent il n’y a pas si longtemps. Il n’était pas aussi pessimiste que les nouvelles que nous venons d’avoir. C’est pourquoi j’ai été surpris et choqué d’apprendre qu’il n’allait pas bien. Son agent m’a dit qu’il allait à l’hôpital mais pas qu’il était en danger. J’espère qu’il a raison. Espérons qu’il aille bien.

Propos recueillis en conférence de presse