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Attentat du 14-Juillet à Nice: les images de l'attaque provoquent l'effroi au procès

La cour d'assises spéciale de Paris a découvert ce jeudi la vidéo de l'attentat au camion-bélier qui avait tué 86 personnes le 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais.

Les images sont « terrifiantes », avait prévenu le président de la cour Laurent Raviot. Sur les écrans de la salle d'audience, le camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a commencé sa course meurtrière. Il fonce volontairement sur un groupe de badauds, puis fait des embardées de droite à gauche pour faucher le plus de monde possible.

Du côté des sept accusés présents, certains regardent les écrans, d'autres pas. Chokri Chafroud et Mohamed Ghraieb, deux des trois accusés poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, ne lèvent pas la tête. Sur les bancs des parties civiles, des gens éclatent en sanglots, certains quittent la salle, tandis que les images montrent des corps happés sous le véhicule. La violence des chocs fait tomber sa calandre. L'engin se dirige vers un autre groupe, dont des enfants, qui n'entend pas le danger. Des témoins ont raconté que ce soir de fête nationale, il y avait beaucoup de bruit sur la Promenade des Anglais où jouaient des orchestres.

La courte vidéo d'un particulier, également diffusée à l'audience, montre un orchestre de jazz en train de jouer. Le public applaudit le dernier morceau quand soudain des cris résonnent. Le camion les a percutés de dos. Des musiciens se prennent la tête à deux mains.

« Nécessaire »

Quand la lumière revient dans la salle d'audience, le silence est lourd. Beaucoup de personnes ont les yeux rougis. « Les images sont très, très dures. On se demande comment l'assaillant a pu conduire ce camion pendant plus de quatre minutes sans éviter les gens », confie Jean-Claude Hubler, président de l'association de victimes Life for Nice, au micro de notre envoyé spécial, Eric Chaurin. « J'aurais pas dû (assister au visionnage). C'est très difficile. »

Isabelle Picard, elle, a tenu à regarder cette vidéo parce qu'elle a décidé de témoigner à la barre la semaine prochaine. « Je ne le regrette pas. Je pense qu'un retour en arrière était nécessaire pour une reconstruction future », livre cette rescapée de l'attentat.

À Paris, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises pendant le visionnage. Le président de la cour avait ordonné que les téléphones et ordinateurs, y compris ceux des journalistes, soient rangés au moment de la diffusion de la vidéo. Sept psychologues, des pompiers volontaires et des gendarmes étaient là pour porter assistance aux personnes trop éprouvées. Une demi-douzaine de personnes ont quitté la salle d'audience durant le visionnage.

Personne ne pourra plus revoir ces images. Elles ont été replacées sous scellés aussitôt après été diffusées.