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Madagascar: les photos de Philippe Gaubert s'exposent en musique et en mots à l'Institut français

À voir à l'Institut français de Madagascar, à Antananarivo : l'exposition « La Fabrique d'images », du photographe et réalisateur Philippe Gaubert. L’exposition regroupe dix ans de photos prises dans le pays à la rencontre de ses habitants et des rituels de différentes régions qui font l'identité et la richesse de la Grande Île. Une série de photos mise en musique et en poème ce samedi, à 15 heures, par les artistes Hemerson et Rola Gamana sur la scène de l'Institut français.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

De Diego-Suarez, dans l'extrême nord, à Morondava, dans le sud-ouest, en passant par Ambilobe, Moramanga ou Ambositra, Philippe Gaubert a capturé scènes de vie, de partage et coutumes comme par exemple la manifestation de la survie des ancêtres « tromba », cérémonie royale du mât « tsanga-tsaigny », circoncision...

Un contrepied à l'image négative dont Madagascar est souvent victime, souligne le photographe.

Je voulais montrer la richesse humaine et culturelle de ce pays et j'ai trouvé que les rituels, c'est ce qui peut justement relier toutes les régions et tout ce peuple. J'avais un gros corpus d'images de 600 photos que je voulais utiliser et c'est un peu compliqué de montrer 600 photos dans une exposition. Donc cette idée de spectacle, ça fait plusieurs années que je l'ai déjà. C'est un voyage de 45 minutes à travers Madagascar que j'ai mis 15 ans à faire, à travers les poèmes ou « hain-teny » de Hemerson et la musique de Rola qui nous transportent dans tout le pays.

Le spectacle s’intitule « Sary an-kira sinoratra » où textes, compositions musicales et sonores, comme des échos aux images, guident le spectateur.

Des textes bilingues malgaches et français écrits par Hemerson Andrianetrazafy, artiste plasticien, historien, anthropologue et poète, qui rend hommage au photographe :

Le travail très fourni de Philippe mérite d'être vulgarisé et donné au public parce qu'il se rapporte à une période cruciale de l'évolution de la société malgache. Il a cette faculté d'aller vers l'autre, ce qui lui a permis d'ouvrir des portes. En tant qu'universitaire, j'ai pu faire des découvertes à travers son travail. Il y a des rituels dont j'ai entendu parler mais je n'avais pas véritablement d'images autour de moi et j'ai pu les voir par le biais de ses photos. Les images qu'il projette à profusion peuvent amener tout un chacun à se positionner par rapport à ses réminiscences, à ses souvenirs, à ses balises, à ses références. Depuis que je connais Philippe, nous avons toujours travaillé dans cette démarche de pluridisciplinarité et transdisciplinarité, la sensibilité humaine étant multiple. Par ailleurs, Rola a cette particularité d’avoir investi dans une dimension personnelle, toutes les traditions musicales et rythmiques malgaches. Donc il y a une conjonction du regard, des sensations qui vont octroyer sens et significations »

« La plupart du temps, ma musique raconte des voyages ici sur la Grande Île de Madagascar. Pour ce spectacle, il y a pas mal de créations, mais il y a aussi des morceaux déjà existants et qui collent très bien avec les photos de Philippe. Pour les bruitages, ce sont des instruments que j'ai créés moi-même », précise le musicien, auteur, compositeur et interprète Rola Gamana.

L'exposition « La Fabrique d'images », où Philippe Gaubert présente ses planches-contacts en grand format et son processus de sélection, se poursuit jusqu'au 22 octobre dans la galerie de l'Institut français.