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Soudan du Sud: les déplacés d'un camp dans le nord-est en fuite après une attaque

Au Soudan du Sud, un conflit fait rage dans l’État du Haut-Nil (nord-est) sur fond de rivalités entre deux leaders de l’opposition, le Shillouk Johnson Olony et le Nuer Simon Gatwech depuis août 2022. Le 30 novembre, le camp de déplacés shillouk d’Aburoc a été attaqué : 9 000 personnes déjà déplacées par la guerre civile ont été à nouveau chassées. La plupart se cachent dans les marécages.

Avec notre correspondante à Juba, Florence Miettaux

À plusieurs heures de bateau de la ville de Kodok, située au bord du Nil, le camp d’Aburoc semblait intouchable. Quand les attaques ont commencé, les habitants ont fui à travers les marécages, sans rien emporter avec eux en direction de Kodok, où se trouve une base de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud.

Juliette Gueguan dirige l’ONG Solidarités International au Soudan du Sud, qui opère depuis 2017 dans le camp d’Aburoc. Des employés locaux de cette ONG sont parmi les civils ayant fui les violences : « On a encore trois collègues qui sont cachés dans le bush. On a des nouvelles de plus en plus espacées. Et ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils sont tapis, qu’ils ne savent pas où aller et qu’ils ne font qu’attendre pour l’instant, en essayant de survivre, en buvant l’eau du marécage et en mangeant ce qu’ils peuvent trouver. »

Appel à une aide des casques bleus

L’ONG en appelle aux casques bleus et au gouvernement sud-soudanais de protéger les civils en fuite : « Ce qu’on sait, c’est qu’on a ces 7 000 personnes qui sont dans le bush, qui sont en demande de protection et qui ne sont pas très loin de Kodok pour certaines d’entre elles. Depuis quasiment une semaine, on voit qu’il n’y a aucune réponse en-dehors de la ville, donc on appelle à une réponse d’urgence pour protéger ces civils-là. Peut-être de réussir à les ramener dans la ville avec des patrouilles, des choses comme ça. C’est une course contre le temps. »

L’agence de coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA) a déclaré mercredi 7 décembre sa « consternation » et demande l’arrêt des hostilités. L’accès des acteurs humanitaires est à ce jour impossible du fait de l’insécurité.

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